Publié par PhysioExtra, le 18 décembre 2020
Santé mentale

Comment éviter les dangers liés à la solitude?

Pour soi ou pour aider un proche

La solitude peut avoir des impacts importants sur la santé mentale et physique. Mais comment la reconnaitre? Une personne bien entourée pourrait souffrir de solitude alors qu’une personne seule pourrait ne pas en être affectée. Et quoi faire si on soupçonne qu’une personne de notre entourage souffre de solitude? Ou qu’on en souffre soi-même? Nos ergothérapeutes vous livrent leurs conseils.

Comment reconnaitre la solitude?

La solitude est un sentiment de souffrance associé au fait de se sentir seul. Il est important de distinguer la solitude du caractère solitaire d’une personne. Chacun a des besoins différents, qui peuvent varier au cours d’une vie, et certaines personnes ont besoin de plus d’interactions sociales que d’autres. Les gens plus introvertis, en général, ont tendance à moins ressentir ce besoin. Ainsi, une personne peut être solitaire, sans souffrir de solitude.

À l’inverse, il est possible de souffrir de solitude tout en étant entouré de gens. Une personne peut, par exemple, se sentir seule si elle ne se sent pas entendue ou comprise par son entourage ou encore si celui-ci minimise sa souffrance.

La solitude peut aussi entrainer un isolement social, lorsque la personne se coupe de son environnement social.

Y a-t-il des personnes plus à risque de souffrir de solitude?

Les personnes âgées sont plus à risque de souffrir de solitude, en raison de l’éloignement de la famille (qu’il soit géographique ou causé par un manque de disponibilités), de l’absence de certains de ses membres (à la suite d’un décès ou d’une chicane) ou encore en raison de l’état de santé de la personne elle-même. La maladie peut entrainer une diminution de mobilité, qui diminue l’accès aux transports, ce qui augmente l’isolement social.

Les jeunes sont aussi plus à risque de souffrir de solitude, en raison de leur utilisation des réseaux sociaux qui entraine souvent une diminution des interactions sociales en face à face.

Les personnes endeuillées sont également plus à risque, car l’absence d’un être cher peut augmenter le sentiment de solitude, en particulier lors de certaines étapes comme le premier temps des fêtes sans cette personne.

D’autres personnes peuvent aussi être plus à risque, comme celles qui sont atteintes d’un trouble de santé mentale, d’une maladie chronique ou les personnes à faible revenu.

La solitude peut affecter la santé mentale et physique

La solitude entraine généralement une diminution de la motivation et de l’humeur. La personne qui en souffre devient moins active, ce qui crée un déconditionnement à la fois sur le plan physique, mental et social. La solitude augmente également le risque de trouble mental courant, comme la dépression, l’anxiété ou l’épuisement professionnel. En l’absence d’un sentiment de soutien de la part de son entourage, les émotions et les pensées négatives sont perçues davantage. L’augmentation du sentiment de solitude est associée à une augmentation du risque de mortalité lié au risque de suicide, mais aussi à la santé en général.

Quels sont les signes qu’il faut aller chercher de l’aide?

Si on remarque un changement d’humeur ou de comportement par rapport à notre état habituel, c’est généralement signe que quelque chose ne va pas. Dans le doute, mieux vaut consulter. Il ne faut pas attendre avant d’aller chercher de l’aide. S’isoler peut être perçu comme un sentiment de sécurité, mais ne diminue pas la souffrance.

Quoi faire en situation de solitude?

Tout d’abord, il est important d’en parler avec son médecin. Celui-ci pourra évaluer le problème, les besoins et poser un diagnostic au besoin. Il pourra aussi diriger vers les bonnes ressources pour obtenir de l’aide.

L’Info-Social 811 est aussi une bonne ressource pour obtenir un soutien immédiat. En composant le 811 et en appuyant ensuite sur la touche 2, il est possible de joindre gratuitement un professionnel en intervention psychosociale qui peut écouter, donner des conseils et diriger, au besoin, vers une ressource du réseau de la santé ou une ressource communautaire.

En ligne, il est possible de consulter la liste du Réseau Alternatif et Communautaire des Organismes (RACOR) en santé mentale de l’île de Montréal pour trouver une ressource qui peut fournir de l’aide. Il est recommandé de téléphoner d’abord afin de vérifier si l’organisme choisi est toujours ouvert.

Il est bon aussi d’en parler avec une personne de notre entourage en qui on a confiance, comme un membre de la famille ou un ami, qui pourra offrir une écoute et un soutien.

Quoi faire pour aider un ami ou un membre de la famille?

Si on pense qu’une personne de notre entourage souffre de solitude, la première chose à faire est d’en parler avec elle. On peut commencer par lui faire part de nos observations, de notre inquiétude et voir sa réaction. Si la personne se confie à nous, il est important de l’écouter sans poser de jugement. Ensuite, on peut lui suggérer de consulter son médecin ou une autre ressource. Il faut éviter de donner nos propres conseils qui, malgré toutes nos bonnes intentions, risquent de renforcer le sentiment que la personne n’est pas capable de s’occuper d’elle-même.

Il est également possible que la personne nie le problème si, par exemple, elle ressent une certaine forme de honte en lien avec son sentiment de solitude. Cela est généralement un indicateur que la personne souffre. Si notre inquiétude persiste, il est possible d’appeler soi-même l’Info-Social 811 pour obtenir des conseils.

Comment l’ergothérapie peut aider?

Il est possible de consulter en ergothérapie en santé mentale afin d’obtenir de l’aide pour mieux comprendre sa situation, ses besoins et identifier la source du sentiment de solitude ou de l’isolement. L’ergothérapeute offre un soutien émotionnel, des outils pour mieux gérer la situation et peut aussi offrir un accompagnement pour trouver d’autres ressources qui pourraient aider. Ultimement, l’ergothérapeute guidera la personne vers une reprise des habitudes de vie saines, tant pour la sphère sociale que pour la santé en général, comme le sommeil, l’alimentation et l’activité physique.

La solitude pendant le temps des fêtes

Le temps des fêtes représente, pour la plupart des gens, un temps de rassemblement et de connexion passé en famille. Pour une personne qui n’a pas cette possibilité, que ce soit parce qu’elle est endeuillée, malade ou pour toute autre raison, les fêtes peuvent être une période particulièrement difficile à traverser et le sentiment de solitude peut être encore plus grand qu’à l’habitude. Même une personne qui est entourée de sa famille peut se sentir seule.

En 2020, en raison du contexte de pandémie et de la restriction des contacts sociaux, tout le monde peut être affecté par un sentiment de solitude, particulièrement durant la période des fêtes. Il est important de se questionner soi-même afin de vérifier comment on vit cette situation. Si on se sent affecté, voici quelques conseils.

Tout d’abord, il est important de reconnaitre ce sur quoi on n’a pas le contrôle. Ensuite, il faut s’accorder du temps pour prendre soin de soi, en se demandant ce dont on a besoin pour passer au travers de cette période plus difficile. La réponse peut être différente pour chacun. On peut décider d’aller marcher en nature, lire un bon livre, ou toute autre activité qui nous aide à nous sentir bien. L’objectif, ultimement, est de rester en bonne santé physique et mentale pour pouvoir en profiter lorsque sera venu le moment de revoir nos proches.

Il est important aussi de prendre soin des autres personnes qui habitent avec nous et de rester connecté avec les autres membres de notre entourage par les différents moyens technologiques auxquels on a accès.

Et si on en ressent le besoin, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide.

Prenez bien soin de vous… et de vos proches!

 

Article écrit par Lara Serapian, ergothérapeute en santé mentale

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