Publié par PhysioExtra, le 17 janvier 2020
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La prévention au hockey, une priorité!

Quelles sont les blessures les plus fréquentes et comment les prévenir?

Vitesse, contacts et surface dure font en sorte que les joueurs de hockey, professionnels et amateurs, se blessent souvent en pratiquant leur sport. Il est possible de diminuer ce risque de blessure en suivant quelques recommandations.

Les blessures les plus fréquentes

Au hockey, de 45 à 86 % des blessures ont lieu à la suite d’un contact, mais certaines sont causées par une surutilisation ou un faux mouvement.

Blessures à l’épaule

Les blessures à l’épaule constituent environ 18 % des blessures chez le joueur de hockey. La subluxation et la luxation de l’articulation gléno-humérale (l’articulation principale de l’épaule), de même que l’entorse de l’articulation acromio-claviculaire sont les plus fréquentes.

La subluxation est un déplacement partiel des deux surfaces osseuses qui demeurent en contact l’une avec l’autre. Lorsqu’il y a perte de contact, on parle plutôt d’une luxation. En langage commun, on dira que l’épaule est « déboîtée ». En présence d’une luxation, on peut parfois observer une déformation de l’épaule, mais en règle générale, il est difficile de distinguer la luxation de la subluxation.

Lors d’un premier épisode, ou si l’articulation ne s’est pas replacée d’elle-même, il est recommandé de se rendre à l’hôpital afin d’être pris en charge par un médecin et de s’assurer qu’il n’y a pas de fracture. Pour quelqu’un qui subit ce genre de blessure à répétition, il est possible de consulter un physiothérapeute. En aucun cas, vous ne devriez replacer vous-même l’articulation ou demander à une autre personne de le faire (sauf un médecin).

L’entorse acromio-claviculaire est, selon le grade, soit un étirement, une déchirure partielle ou complète du ligament qui retient la clavicule sur l’acromion, à la pointe de l’épaule. Ce type de blessure cause généralement de la douleur à la partie la plus latérale de la clavicule (à la pointe de l’épaule) surtout lorsqu’on pose la main du côté blessé sur l’épaule opposée. Il est également possible d’observer une élévation de la partie latérale de la clavicule (appelée « note de piano ») dans les cas plus sévères.

Blessures aux hanches

Elles constituent environ 10 % des blessures chez les joueurs de hockey. Il peut s’agir d’une élongation, ou claquage, des muscles adducteurs, une pathologie fréquente en début de saison. Cette blessure survient lors d’une contraction musculaire vive en position d’étirement qui dépasse les capacités élastiques du muscle. Les fibres musculaires peuvent être étirées ou partiellement déchirées.

La contusion musculaire (coup direct sur un muscle) est également assez fréquente en raison des nombreux contacts. La contusion et l’élongation musculaire sont difficiles à distinguer et dans les deux cas, de la douleur est généralement présente à la contraction et à l’étirement du muscle.

Chez le gardien de but, on voit souvent un conflit fémoro-acétabulaire, soit une sensation d’accrochage au niveau de l’aine.

Blessures aux genoux

Environ 15 % des blessures chez le joueur de hockey touchent le genou. En raison des nombreux contacts, il est possible de subir une entorse du ligament longitudinal interne du genou. Cette blessure est souvent causée par un stress au genou en valgus, c’est-à-dire une situation où le genou plie un peu vers l’intérieur. Ce type de stress peut survenir en recevant un impact du côté externe du genou par exemple.

Lors d’une atteinte du ligament longitudinal interne, la douleur peut être localisée au niveau de l’interligne entre le fémur et le tibia du côté interne du genou ou peut être plus diffuse. On peut voir apparaître de l’inflammation et/ou une ecchymose. Selon la gravité de l’entorse, les mouvements de flexion et d’extension du genou peuvent être limités ou douloureux de même que la mise en charge (le fait de mettre du poids) sur la jambe atteinte.

Autres blessures

D’autres articulations telles que le poignet et la cheville peuvent être atteintes, mais les risques sont plus faibles.

La commotion cérébrale est très fréquente au hockey, tout comme en ski ou en planche à neige.

Comment diminuer le risque de blessure?

L’évaluation préventive en physiothérapie (EPP) est un bon moyen de faire un survol global des articulations et muscles du corps afin de cibler les régions à risque de développer des douleurs. En fonction des résultats de l’évaluation, un programme d’exercices personnalisé vous est remis afin d’adresser les déficits (comme un manque de contrôle, de mobilité ou de force) et réduire le risque de blessure. Il est important d’avoir un programme d’entrainement adapté afin de développer et maintenir les capacités physiques nécessaires à la pratique du hockey.

Évidemment, le respect des règlements et le port d’un équipement adéquat sont aussi des facteurs non négligeables.

Selon les dernières études scientifiques, les étirements statiques avant la pratique d’un sport ne sont plus recommandés. Il a été démontré qu’un échauffement dynamique avant le sport aide à diminuer le risque de blessure musculosquelettique.

Je viens de me blesser, dois-je consulter immédiatement?

Parfois, les blessures ne peuvent être évitées. Dans ce cas, il est recommandé de cesser d’effectuer les mouvements qui provoquent de la douleur et de consulter un physiothérapeute. Le physiothérapeute pourra établir un plan de traitement adapté et vous donner plusieurs conseils : Y a-t-il des mouvements à éviter? Comment gérer la douleur? Est-ce que la médication peut aider? Quand recommencer l’entrainement? Quels exercices prioriser?

N’hésitez pas à consulter un physiothérapeute en prévention ou à la suite d’une blessure!

 

Sources :

Popkin, C.A., et collab. « Evaluation, management and prevention of lower extremity youth ice hockey injuries », Open Access Journal of Sports Medicine, 2016, vol. 7, p. 167-176.

Wolfinger, C.R., et Davenport, T.E. « Physical therapy management of ice hockey athletes: from the rink to the clinic and back », International Journal of Sports Physical Therapy, 2016, vol. 11, no 3, p. 482-495.

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